Salaire et avantages d’une famille d’accueil : ce qu’on gagne vraiment

Famille d'accueil autour d'une table dans une maison chaleureuse, ambiance bienveillante

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Estimez votre rémunération de famille d’accueil

Obtenez une estimation de votre salaire net mensuel selon le nombre et le profil des personnes accueillies.

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Rémunération mensuelle estimée

Temps de lecture estimé : 11 minutes

Points clés à retenir

  • Le salaire minimum légal est de 120 × Smic horaire/mois (~1 328 € brut) par enfant accueilli.
  • Les barèmes varient de 20 à 40 % selon le département employeur.
  • Des indemnités d’entretien et de logement s’ajoutent au salaire brut et sont non imposables.
  • Pour une personne âgée, la rémunération moyenne est de 1 200 à 1 800 €/mois hors indemnités.
  • Le reste à charge pour la famille de la personne accueillie est en moyenne 1 250 €/mois après aides.

Salaire d’une famille d’accueil : ce qu’il faut comprendre

Quand on parle de salaire et avantages famille d’accueil, la confusion s’installe vite. Rémunération, indemnités, aides départementales. Tout se mélange dans une même conversation, et on finit par ne rien comprendre à ce que gagne une famille d’accueil. Regardons cela de plus près.

La différence entre salaire, indemnités et aides

Le salaire brut est la rémunération versée par l’employeur. Souvent le département — en échange du travail d’accueil. Il est calculé sur la base d’un nombre d’heures de Smic horaire, fixé par décret ou par convention départementale.

Les indemnités s’y ajoutent : elles couvrent l’entretien quotidien de la personne accueillie, les frais de logement, parfois les déplacements. Ce ne sont pas des revenus au sens strict. Elles compensent des dépenses réelles.

Les aides (APA, PCH, aide sociale à l’hébergement) s’adressent, elles, à la personne accueillie ou à sa famille. Elles réduisent le reste à charge, mais ne rentrent pas dans la poche de la famille d’accueil.

Les cas de l’accueil d’enfants et de personnes âgées

Il existe deux statuts bien distincts. L’assistant familial accueille des enfants confiés par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE). Il est salarié du département, avec un contrat de travail, une fiche de paie, et des droits à la retraite.

L’accueillant familial reçoit des personnes âgées ou handicapées à son domicile. Il agit dans le cadre d’un agrément et signe un contrat directement avec la personne accueillie ou sa famille. Le cadre légal est différent, et la rémunération suit d’autres règles.

Le rôle du département ou du contrat dans la rémunération

Pour les enfants, c’est le département employeur qui fixe les barèmes. Deux familles d’accueil dans deux départements voisins peuvent percevoir des montants très différents pour un même accueil.

Pour les personnes âgées, c’est le contrat privé qui détermine le niveau de rémunération. Le montant minimum légal existe, mais la réalité dépend du profil de la personne accueillie et de son niveau de dépendance.

Combien gagne une famille d’accueil pour un enfant ?

Pour un enfant confié par l’ASE, la rémunération dépend directement du nombre d’heures de Smic horaire retenu comme base de calcul, multiplié par le taux en vigueur.

La base de rémunération en heures de Smic

La loi fixe un minimum : 120 fois le Smic horaire par mois pour un accueil continu d’un enfant. C’est le plancher national. En pratique, les départements appliquent souvent des barèmes supérieurs.

Dans le Pas-de-Calais, par exemple, la base pour un enfant en accueil continu est fixée à 120 heures de Smic. Elle monte à 190 heures pour deux enfants, et à 271,5 heures pour trois enfants accueillis simultanément.

Le cas d’un enfant accueilli

Selon Indeed France, le salaire minimum pour un enfant accueilli tourne autour de 1 328,40 € brut par mois, sur la base des 120 heures réglementaires.

Mais certains départements vont plus loin. En Loire-Atlantique, la rémunération pour l’accueil d’un enfant était de 1 747 € brut, avant d’être revalorisée à 1 960 € brut. C’est 47 % de plus que le minimum légal. Le département fait une vraie différence.

Le cas de deux ou trois enfants accueillis

La rémunération ne se cumule pas linéairement. En Loire-Atlantique, accueillir deux enfants porte la rémunération à 3 005 € brut mensuel. L’écart avec un seul enfant représente environ 1 000 € supplémentaires — pas le double, mais un gain significatif.

Pour trois enfants, les barèmes varient encore selon le département. Dans le Pas-de-Calais, les 271,5 heures de Smic de base donnent une rémunération brute nettement plus élevée, mais l’accueil de trois enfants représente aussi une charge de travail et une responsabilité sans commune mesure avec un accueil simple.

Combien gagne une famille d’accueil pour une personne âgée ?

L’accueil de personnes âgées ou handicapées obéit à des règles différentes. La rémunération est plus variable, et le reste à charge pour les familles peut surprendre.

La rémunération mensuelle moyenne observée

Selon Famillys, la fourchette moyenne de rémunération pour l’accueil d’une personne âgée se situe entre 1 200 € et 1 800 € par mois. C’est la rémunération brute versée par la personne accueillie ou sa famille, hors indemnités.

Ce montant peut paraître correct, mais il faut le lire avec précaution. Il ne prend pas en compte les frais réels supportés par la famille d’accueil.

L’effet du niveau de dépendance sur la paie

Plus la personne accueillie est dépendante (GIR 1 ou 2), plus la charge de travail est lourde. En pratique, les familles qui accueillent des profils très dépendants peuvent négocier une rémunération supérieure, mais rien ne les y oblige légalement.

Pour aller plus loin, le niveau de dépendance influe aussi sur le montant des aides auxquelles a droit la personne accueillie. Notamment l’APA — ce qui peut faciliter le financement global.

Le reste à charge après aides

C’est souvent le chiffre qui crée le plus d’incompréhension. Famillys évalue le reste à charge moyen à 1 250 € par mois pour une famille qui fait appel à l’accueil familial. Ce montant est supporté par la famille de la personne accueillie, après déduction des aides publiques.

Ce n’est pas la famille d’accueil qui le paye — c’est la famille de la personne accueillie. Mais ce chiffre pèse dans la décision de recourir à ce type d’hébergement.

Les avantages financiers d’une famille d’accueil

Le salaire brut ne résume pas tout. Plusieurs avantages viennent s’y ajouter, et ils ont un poids réel dans le bilan financier global.

Les indemnités d’entretien et de logement

En plus du salaire, la famille d’accueil perçoit des indemnités d’entretien: elles couvrent la nourriture, les vêtements, les activités de la personne accueillie. Ces sommes ne sont pas imposables dans les limites légales.

Des indemnités de logement s’y ajoutent également, pour compenser l’occupation d’une chambre ou d’un espace dédié. Leur montant varie selon le département et le contrat, mais elles allègent la charge effective.

Les congés payés et indemnités d’attente

L’assistant familial bénéficie de 35 jours de congés annuels dans le Pas-de-Calais. Pendant ces périodes, l’enfant est confié à une autre famille ou à un établissement, et la famille d’accueil reçoit une indemnité compensatrice.

Quand un placement prend fin et qu’aucun nouvel enfant n’est confié, une indemnité d’attente est versée : 2,8 fois le Smic horaire par jour dans le Pas-de-Calais. Elle évite une rupture brutale de revenus pendant la période de transition.

La stabilité d’un contrat salarié

Pour les assistants familiaux, le contrat de travail avec le département apporte une vraie sécurité : cotisations retraite, droits chômage en cas de fin de contrat, protection sociale. C’est une différence majeure avec d’autres formes d’accueil ou d’aide à domicile.

Les limites et points de vigilance

Il serait trompeur de présenter ce métier comme une source de revenus facile. Plusieurs points méritent d’être posés clairement avant de s’engager.

Une rémunération qui varie fortement selon le département

Les écarts entre départements sont importants. À responsabilité égale et nombre d’enfants identique, le salaire peut varier de 20 à 40 % selon le barème appliqué. Se renseigner auprès du département avant toute démarche n’est pas optionnel.

Des frais réels parfois sous-estimés

Les indemnités d’entretien sont censées couvrir les dépenses liées à la personne accueillie. Dans les faits, certaines familles d’accueil estiment qu’elles ne couvrent pas toujours l’intégralité des frais réels, surtout pour des enfants aux besoins spécifiques ou des personnes très dépendantes.

Tenir une comptabilité précise des dépenses réelles dès le début permet d’anticiper les éventuels déséquilibres.

Une activité exigeante sur le plan humain et organisationnel

L’accueil familial n’est pas un emploi à horaires fixes. La présence est quasi-permanente, les nuits peuvent être perturbées, et la charge émotionnelle est réelle. Ce n’est pas un frein en soi, mais c’est un élément que le seul chiffre du salaire ne reflète pas.

Comment est calculé le salaire ?

Pour démystifions le sujet : le calcul du salaire d’un assistant familial suit une logique précise, même si elle peut sembler opaque au premier abord.

Les bases légales et les barèmes

Le Code de l’action sociale et des familles fixe le plancher de rémunération à 120 fois le Smic horaire par mois pour un accueil continu. En 2024, avec un Smic horaire brut de 11,65 €, cela donne un minimum d’environ 1 398 € brut mensuel (base nationale).

Chaque département peut aller au-delà. Certains publient leurs barèmes en ligne, d’autres les communiquent uniquement sur demande.

Les éléments qui font varier le montant final

Plusieurs facteurs ajustent la rémunération finale :

  • Le nombre d’enfants ou de personnes accueillis simultanément
  • Le type d’accueil: continu, intermittent (4 heures de Smic par jour dans le Pas-de-Calais), ou séquentiel
  • L’ancienneté dans la fonction
  • Les éventuelles majorations pour accueil de fratrie ou profil complexe

Pour l’accueil de personnes âgées, c’est le contrat privé qui prévaut, avec un minimum légal défini par arrêté.

Les questions à poser avant de s’engager

Avant de signer quoi que ce soit, voici ce que je recommande de demander explicitement au département ou à la personne accueillie :

Quel est le barème exact appliqué dans votre département ? Les indemnités d’entretien sont-elles incluses dans le montant annoncé ou s’y ajoutent-elles ? Quelle est la politique d’attente entre deux placements ?

Ces questions évitent les mauvaises surprises à l’arrivée du premier bulletin de salaire.

Situation Base de calcul Rémunération indicative
1 enfant (minimum national) 120 × Smic horaire ~1 328 € brut/mois
1 enfant (Loire-Atlantique) Barème départemental 1 960 € brut/mois
2 enfants (Loire-Atlantique) Barème départemental 3 005 € brut/mois
2 enfants (Pas-de-Calais) 190 × Smic horaire ~2 213 € brut/mois
1 personne âgée (moyenne) Contrat privé 1 200 à 1 800 € brut/mois

Questions fréquentes

Quel est le salaire minimum d’une famille d’accueil ?

Pour un assistant familial accueillant un enfant de l’ASE, le minimum légal est de 120 fois le Smic horaire brut par mois, soit environ 1 328 € brut selon les données d’Indeed France. Les départements peuvent appliquer des barèmes supérieurs.

Quelles indemnités s’ajoutent au salaire ?

Au salaire brut s’ajoutent des indemnités d’entretien (nourriture, vêtements, activités), des indemnités de logement, et selon les cas une indemnité d’attente entre deux placements. Ces compléments ne sont pas imposables dans les limites légales.

Le salaire change-t-il selon le nombre de personnes accueillies ?

Oui. Dans le Pas-de-Calais, la base monte de 120 heures de Smic pour un enfant à 271,5 heures pour trois enfants. En Loire-Atlantique, accueillir deux enfants porte la rémunération à 3 005 € brut, contre 1 960 € pour un seul.

Peut-on vivre correctement de cette activité ?

Pour un assistant familial qui accueille deux ou trois enfants dans un département avec un bon barème, oui, c’est viable comme revenu principal. Pour l’accueil de personnes âgées, les rémunérations restent plus modestes et nécessitent souvent un deuxième revenu dans le foyer.

Les aides réduisent-elles le reste à charge ?

Les aides (APA, PCH) s’adressent à la personne accueillie. Elles réduisent ce que paye sa famille, mais Famillys évalue le reste à charge moyen à 1 250 € par mois malgré ces aides. C’est un frein réel pour certaines familles.

Le salaire varie-t-il selon le département ?

Fortement. Deux assistants familiaux avec le même profil et le même nombre d’enfants accueillis peuvent percevoir des salaires différents de 20 à 40 % selon leur département employeur. C’est l’un des points les plus méconnus du dispositif.

Une famille d’accueil a-t-elle des congés payés ?

Oui. Dans le Pas-de-Calais, l’assistant familial bénéficie de 35 jours de congés annuels. Pendant cette période, l’enfant est confié à une autre structure et une indemnité compensatrice est versée.

Peut-on vivre uniquement de l’accueil familial pour personnes âgées ?

C’est possible, mais la rémunération entre 1 200 et 1 800 € par mois est souvent insuffisante comme seul revenu, surtout si l’un des membres du foyer doit réduire ou cesser son activité professionnelle pour assurer l’accueil. Bien calculer le bilan net avant de se lancer reste indispensable. Le sujet du salaire et avantages famille d’accueil mérite toujours d’être abordé chiffres en main avec le département ou la famille concernée.

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